Second roulage à Issoire

Après la découverte de Mornay en 2014 et celle de Charade en 2015, j’ai décidé de débuter la saison 2016 en retournant sur un tracé que j’avais déjà pratiqué en octobre 2012. A l’époque, l’auto était presque entièrement d’origine et j’étais donc très curieux de pouvoir quantifier le temps gagné grâce aux évolutions apportées entre temps.

Organisée par mon ami Fabien de la société Sport Auto Store, cette journée se déroulait au C.E.E.R.T.A. (Centre Européen d’Essais, de Recherches et de Techniques Automobiles) qui, sans rentrer dans le détail de ses activités, possède depuis 1996 deux pistes terre et une piste asphalte. C’est cette dernière qui nous intéresse aujourd’hui avec ses 9 mètres de largeur, 2474 mètres de longueur et sa ligne droite de 700 mètres.

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Ce n’est bien sûr pas Charade en matière de paysage, d’environnement et de dénivelé mais la piste présente l’avantage d’être infiniment plus sécurisante et plus permissive au niveau sonore : 95 dB contre 90 (aucun souci avec mon Quicksilver en titane et le catalyseur). Située à 40 km au sud de Clermont-Ferrand et 200 km à l’ouest de Lyon, elle est facilement accessible par l’autoroute A75.

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D’un point de vue météorologique, les conditions relevées la veille à 23 heures se sont révélées exactes au fil de la journée. Heureusement, le soleil permettait de se réchauffer entre deux rafales de vent.

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Comme je le disais en début d’article, j’avais déjà roulé sur ce circuit en octobre 2012. C’était alors ma deuxième journée de pilotage et mon Elise ressemblait assez peu à ce qu’elle est aujourd’hui. Elle était simplement équipée de l’admission ITG carbone et décatalysée. Avec les pneus route Yokohama AD07, j’avais signé un 1’14″67 qui me convenait tout à fait vu mon expérience modeste et la configuration luxueuse de l’auto (autoradio, moquettes diverses, sièges rembourrés, etc…).

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Je ne vais pas lister toutes les modifications apportées depuis à l’auto dans le but de lui faire gagner du temps sur piste (vous pouvez les voir sur la page « Actuellement« ) mais j’avais pu effectuer le même type de comparaison à Magny-Cours Club :

  • 1’28″00 en septembre 2012 avec l’auto d’origine (même set-up que pour mon premier roulage à Issoire)
  • 1’23″70 en septembre 2013 avec l’auto préparée (même set-up qu’aujourd’hui à quelques détails près)

En me basant sur la proportion de ce gain de 4″3 (- 4,9%), je devais en théorie rouler en 1’11″02. Quelques chronos lus, vus ou entendus confirment cet ordre de grandeur et font que je me fixe un objectif dans les 1’11.

La première session du matin était pour moi l’occasion de me remémorer la piste. J’ai effectué 12 tours avec des chronos baissant naturellement et progressivement : 1’20, 1’18, 1’17… Puis 1’14″62 dès le 5ème tour, mieux que le meilleur temps de ma journée d’octobre 2012. Je descendrai jusqu’à 1’13″14 lors de ce premier galop. Je contrôle alors la pression de mes Avon ZZR et l’ajuste à 1,4 bars à l’avant et 1,6 à l’arrière. La casse moteur d’une (belle) Clio Cup rendra un véritable chrono impossible mais malgré une trajectoire perturbée en bout de ligne droite (huile dans la zone de freinage), j’arriverai à 1’12″82 en toute fin de matinée lors d’une deuxième session de 15 tours, preuve que le chrono pourra encore s’améliorer dans l’après-midi.

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Je repars pour une session de 6 tours lors de laquelle le chrono tombera à 1’11″68. 2 autres sessions de 6 tours ne me permettront pas d’améliorer le temps. Je vais alors faire le plein pour être prêt pour une dernière série de 21 tours en fin de journée. Même si j’effectue un tour à allure plus modérée tous les 5-6 tours (lorsque je sais que je ne ferai pas de temps à cause d’un dépassement par exemple), il faut souligner le superbe comportement de l’auto : huile qui ne monte pas au dessus de 115°, eau stable à 90°, freins toujours efficaces, pneus qui ne perdent pas de leur adhérence… Lors de cette session, je vais faire au fil des tours 1’11″73, 1’11″79, 1’12″03, 1’11″36, 1,11″77, 1’12″08 et 1’12″07 avant de signer un 1’11″03 dans l’avant dernier tour. La trace GPS complète de tous mes tours est très propre, contrairement à celle de Charade qui était malheureusement inexploitable. On voit que je suis sorti un peu large du droite de l’échangeur et que j’ai raté deux fois mon freinage en bout de ligne droite (en tentant ma chance au panneau des 50 mètres). Les traces les plus à l’extérieur correspondent à des tours de décélération.

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J’ai  préféré être raisonnable et ne pas tenter de passer sous les 1’11 au risque d’en faire trop et de commettre une erreur de pilotage avec la fatigue de fin de journée. L’objectif que je m’étais fixé est donc atteint et le chrono théorique validé à un centième de seconde ! Mon optimal théorique (cumul des meilleurs secteurs) est de 1’10″69, ce sera l’objectif si je retourne sur ce tracé. En attendant, voici la vidéo de mon meilleur tour. Vous constaterez peut-être un léger saut dans la vidéo à  1’11 : ma GoPro coupe les fichiers à 1,85 Go et il a bien sûr fallu que ça tombe exactement pendant mon meilleur tour… Je vais également retenter d’enregistrer avec mon micro externe lors des prochaines sessions car la qualité audio laisse vraiment à désirer.

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J’ai décidé de ne pas analyser mon meilleur tour du jour (en jaune vif) de manière isolée mais de le comparer à mon meilleur tour d’octobre 2012 avec l’auto d’origine (en jaune pâle). On voit que l’auto est plus rapide absolument partout : je franchis la ligne de départ avec 3 km/h de plus puis je négocie le gauche des stands avec le même écart de 3 à 4 km/h (je le passais déjà plein gaz avec les AD07). Pour le double droite des Croizettes, je freine au même moment mais je casse nettement moins ma vitesse avec 143 km/h contre 125 juste à l’entrée. Je conserve cette vitesse supérieure et je freine plus tard et très légèrement plus fort pour entrer dans le S du X. J’accélère plus tôt et j’arrive à 135 contre 130 km/h dans le droite de l’échangeur. Le freinage est ici rigoureusement identique mais un peu moins long ce qui fait que je passe entre 5 et 10 km/h plus vite dans la courbe. Alors que j’étais en 2ème puis en 3ème en 2012, je gardais cette année la 3ème. C’est bénéfique pour le chrono car on voit bien la petite perte de temps (décrochement) liée au changement de rapport. Freinage rigoureusement identique avant l’épingle du bois, reprise des gaz en même temps mais passage de vitesse plus lent en 2012. Cette petite erreur m’a couté entre 3 et 5 km/h tout au long de la ligne droite. On voit bien que le moteur n’a pas évolué depuis la dernière fois et que le gain de poids n’apporte rien en accélération (il est probablement compensé par les pneus plus collants). Je freine 10 mètres plus tard en bout de ligne droite, aussi fort mais moins longtemps ce qui me permet d’avoir jusqu’à 17 km/h de plus dans la première partie du double droit. La seconde partie passe pareil et je reprends un tout petit peu l’avantage dans la ligne des stands grâce à un passage de rapport plus rapide.

Lors de ma première session de l’après-midi, je me suis fait déposer dans la ligne droite par une Elise S1 blanche étonnamment rapide. J’ai discuté avec son propriétaire qui m’a confirmé que c’était un K20 atmosphérique qui se cachait sous le capot. Il m’a gentiment proposé d’en prendre le volant (merci encore Nicolas). J’ai trouvé la boite de vitesse très précise et le moteur fantastique, offrant vraiment ce qui manque à mon Elise : des chevaux. L’auto est incroyablement facile à mener, très saine et, bien que sa géométrie soit typée route, très efficace. Je suis ensuite monté en passager avec mon récepteur GPS 10 hertz, surveillant d’un œil le dashboard numérique qui affiche tout de même plus de 205 km/h en bout de ligne droite et de l’autre le chrono affiché par mon application Race Chrono. Le verdict est tombé : 1’11″20… A deux dans l’auto. Sur un circuit comme Issoire qui demande de la puissance, le K20 prend tout son sens et le cumul des meilleurs secteurs en 1’10″87 est sans problème atteignable. Voici les courbes du meilleur tour de Nicolas (jaune vif) et de mon meilleur tour (jaune pâle).

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La S1 K20 passe la ligne de départ à 139 km/h alors que je suis à 130. En bout de ligne droite des stands, la S1 est à 154 km/h quand je suis à 140. Alors que je garde plein gaz dans le gauche des stands, Nicolas casse sa vitesse pour passer la courbe entre 2 et 3 km/h moins vite que moi. Le droite qui suit fait un petit peu monter l’adrénaline car c’est l’endroit où il ne faut pas sortir. Pour moi, il s’agit de la courbe la plus impressionnante du circuit et j’ai mis du temps avant de  la passer « aussi vite ». Je réduis ma vitesse de 155 à 143 km/h (léger coup de frein) puis je reste plein gaz pour stabiliser l’auto. Ici, la S1 casse sa vitesse de 159 à 125 km/h. Malgré mon élan bien supérieur, la puissance du K20 fait que dans le petit bout droit suivant Nicolas atteint 163 km/h (6 de plus que moi). A l’entrée du S du X, je freine plus tard et un peu plus fort (10 km/h de plus en ma faveur au moment ou je prends les freins contre 3 en fin de freinage). Avant le droite de l’échangeur, la S1 atteint 140 km/h contre 135 pour moi. Ici encore, je freine plus tard et plus fort puis passe plus vite dans toute la courbe (entre 7 et 13 km/h de plus). La ligne droite avant l’épingle du bois joue en faveur de la S1 avec à nouveau 140 km/h contre 133 pour ma S2. En revanche, nous freinons exactement pareil dans ce virage (la décélération est strictement identique). La S1 freine plus tôt mais exactement ce qu’il faut par rapport à sa vitesse supérieure. C’est beau à voir sur le graphique ! Il s’agit du point le plus lent du tracé et nous sommes ici tous les deux à 62 km/h. J’accélère un tout petit peu plus tôt mais dès le milieu du gauche du raccordement, la S1 est à la même vitesse que moi et ensuite… Le K20 emmène la S1 à 208 km/h quand j’arrive à 180. Presque 30 km/h d’écart, c’est énorme. Le seul moyen pour moi de rester dans la course est de retarder au maximum le plus gros freinage du circuit : je freine exactement 60 mètres plus tard que Nicolas. Comme pour l’épingle du bois, la S1 freine aussi fort que moi mais un petit peu trop tôt ce qui fait que je passe 17 km/h plus vite dans la première partie du double droite du broc et 11 km/h plus vite dans la seconde partie. On revient ensuite sur la ligne de départ et on retrouve le même écart qu’au tour précédent. Je suis donc clairement plus rapide quand ça tourne mais c’est tout à fait logique avec une auto plus légère et une géométrie typée piste. Il faut également souligner que nous étions deux dans la S1 lors de la mesure et que c’était le premier roulage de Nicolas sur cette piste. La prochaine fois et seul, il sera devant moi sans souci et je ne pourrais pas aller le chercher car son coup de volant comme sont auto sont très bons. Il va me falloir plus de chevaux…

Pour clore ce compte-rendu, voici une vidéo d’un drift tout en douceur dans le droite de l’échangeur, une autre avec une bagarre contre deux Speedster puis la S1 K20 et enfin une sélection de photos prises au 70-200 :

Un commentaire sur “Second roulage à Issoire

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  1. Super compte rendu !
    As tu déjà quantifié l’impact soft top / pas soft top ? Sur un tracé à longue ligne droite ce n’est peut être pas négligeable.

    Comme je te l’ai dit à Issoire, super blog, continue à le faire vivre de la sorte.

    1. Merci pour ton commentaire Olivier !
      J’avais mesuré avec et sans la capote à Lurcy mais pas lors de la même journée. Je n’avais pas trouvé d’écart significatif. Il faut que je pense à mesurer la différence lors de ma prochaine sortie !

      Le must reste le hardtop light car on préserve l’aéro sans trop dégrader le poids.

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