Essai Lotus 3-11 et Elise Cup 250

Vous l’avez lu en dernière ligne de mon précédent article qui concernait le montage de mes jantes TMR : je suis descendu en Haute-Loire. Je ne manquerai pas de vous révéler en temps voulu les évolutions que va recevoir mon auto mais j’en ai également profité pour essayer deux autos de mon ami Fabien de la société SportAutoStore : sa magnifique Lotus 3-Eleven et une Elise Cup 250 (version 2016).

— Essai de la Lotus 3-11 —

Le premier des deux essais est celui de la Lotus 3-11. Je ne peux pas dire que j’étais un grand fan de l’auto d’un point de vue esthétique quand je la voyais en photo. Je la trouvais décalée, originale et bestiale (en particulier dans cette teinte Krypton Green réalisée à la demande et avec le Black Pack qui convertit certains éléments au noir mat) mais pas jolie comme peut l’être une Exige V6 ou même une simple Elise aux lignes plus douces. Une fois devant l’auto, c’est tout d’abord sa présence qui en impose : elle est longue (4,12 m), large (1,86 m) et haute (1,20 m). Comparée à mon Elise S2, ce sont respectivement 34 cm, 14 cm et 6 cm de plus. Elle est même 9 cm plus haute que feu la 2-Eleven. Et c’est ce qui me dérange le plus visuellement : l’arceau semble dépasser de beaucoup de la ceinture de caisse.

Je suis assez sensible au bon positionnement des roues dans leur arche et je dois avouer que sur ce point, la Lotus 3-11 a tout bon. Seul problème, la caisse semble à la fois bien posée sur ses roues mais est en même temps un peu haute au niveau de la lame avant. Est-il possible de diminuer la garde au sol sans pour autant avoir les roues qui frottent au fond des arches ? Une 2-11 donnait l’impression contraire, elle était un peu trop haute mais une fois rabaissée de quelques centimètres, position des roues et garde au sol s’accordaient à la perfection.

Après ce petit tour de l’auto, Cédric (le mécanicien de SportAutoStore) réveille le V6. La sonorité qui s’échappe laisse présager du meilleur pour la suite. Tandis que l’auto chauffe tranquillement, j’enjambe la carrosserie pour gagner le siège baquet. Je me sangle avec le harnais Schroth classique sur toute Lotus qui se veut sportive. Force est de reconnaître que le tableau de bord est dépouillé : tant mieux, mon regard de passager n’allait de toute manière guère avoir le temps de s’attarder sur autre chose que le ruban noir qui défile et les virages qui s’enchaînent en mode avance rapide.

Sur les premiers kilomètres, l’auto semble douce et facile. Les sièges sont à mon sens confortables mais la profusion de sensations entre les belles routes de Haute-Loire et le fait d’être assis en plein air occulte peut-être une partie de la vérité. Le couple et la capacité de relance me font imaginer ma modeste Elise disparaître dans les rétroviseurs extérieurs (le central ne servant pour ainsi dire à rien à part vérifier qu’il ne s’agit pas d’un rêve et que c’est bien vous qui êtes dans l’auto).

Au fil des kilomètres, les accélérations se font plus intenses. Tellement plus intenses qu’il vaut mieux taire publiquement ce que le compteur numérique (qui offre plusieurs modes d’affichage) indique. Les sièges, reparlons-en, offrent un très bon maintien même pour un petit gabarit comme le mien. La présence d’un repose-pieds aurait tout de même été un plus. Nous faisons un premier arrêt photo sur le pont Eiffel de Monistrol d’Allier.

Quelques kilomètres plus loin, deuxième arrêt photos aux pieds de la Bête du Gévaudan. C’est ici que s’arrêtera la partie de Cédric et que commencera la mienne.

Je pars en douceur, la bête (anglaise cette fois-ci, pas celle du Gévaudan !) est large et il faut appréhender son gabarit. Le maniement de la boite est très agréable sauf le passage 3-2 avec lequel j’ai eu du mal tout le long de l’essai. Je ressentais un flou qui m’empêchait de rétrograder rapidement. Cédric et Fabien découvriront le samedi suivant à Lédenon que c’était une butée du levier de vitesse qui avait pris du jeu.

Je suis surpris de n’avoir qu’un commodo à gauche du volant et rien à droite : l’absence de pare-brise et d’essuie-glace n’est sans doute pas innocente dans cette affaire… Je regrette également le positionnement du klaxon trop proche de la jante du volant. Même si c’était involontaire, je m’en suis voulu d’avoir klaxonné un innocent qui ramassait sa mâchoire après le moment de stupéfaction qu’il a connu en voyant arriver la Lotus 3-11.

Vient enfin le moment de hausser le rythme : passage de 4 en 3 en donnant un petit coup de gaz pour remonter le régime moteur. Crépitements à l’échappement. Bonheur. Surtout que ces crépitements ne sonnent pas artificiels et ne sont pas excessifs comme sur beaucoup d’autos actuelles… Je suis joueur et je passe la seconde. L’auto est une version Road homologuée route mais elle a reçu une cartographie proche de celle de la Race et revendique désormais 462 chevaux à 6850 tr/m et 482 Nm à 6400 tr/m. Le rapport poids puissance est très proche de 2 et explique en partie ce qui va se passer après. La réaction à la pression de la pédale de droite est instantanée, la poussée terrible. Les Michelin Pilot Sport Cup 2 ne sont pas dépassés par les événements et transmettent tout au sol. L’étagement de la boite est assez long mais bien adapté à l’auto. Je serais curieux de savoir si la boite séquentielle de la version Race est étagée pareil.

Le freinage m’a semblé excellent. Le mordant est présent mais ne rend pas le dosage impossible (comme c’est le cas sur certaines Peugeot récentes par exemple). En revanche, impossible de parler de l’endurance sur un essai routier comme celui du jour. L’énorme aileron (réglé en position haute ce jour) présente une sensibilité au vent importante et se ressent lors des freinages appuyés.

En mettant gaz en sortie de courbe, un transfert de masse s’opère vers l’arrière et l’avant devient assez léger, perdant un peu de son pouvoir directeur. C’est perturbant mais probablement classique sur des autos offrant ce type d’accélération.

Je pense que le niveau de performance sur route ouverte est tellement important qu’on finit par perdre certains repères. Comparée à une auto classique, la Lotus 3-11 passe beaucoup plus fort partout et sans s’en rendre compte. Doubler un concurrent de la route prend rarement plus de 2 secondes. J’aime toutes les autos dès lors qu’elles roulent au sans plomb et qu’elles sont (un peu) sportives mais la 3-11 est clairement d’une des plus impressionnantes que j’ai pu essayer. Et je vous invite à faire de même si vous passez en Lozère chez SportAutoStore 🙂

— Essai de la Lotus Elise Cup 250 —

Comme Fabien est quelqu’un qui sait recevoir, il m’a tendu les clés de l’Elise 250 Cup qu’il a en stock actuellement. Il s’agit d’une version 2016 (que je vous avais présentée ici lors de sa sortie) et non de la 2017 (présentée là). Le temps qu’elle chauffe, je fais le tour de l’auto. C’est une Elise, elle est réussie et si vous cherchez le côté agressif plus que les lignes pures, vous aurez de quoi faire avec tous les éléments aérodynamiques. Seul reproche à émettre : elle est visuellement trop haute. Fabien m’expliquera que Lotus a relevé les Elise Cup à cause de la lame avant qui frottait partout. Sur mon Elise, je suis beaucoup plus bas et je ne rencontre pour autant pas de difficultés majeures.

A l’intérieur, les baquets carbone sont magnifiques ! L’intérieur de manière générale est soigné, on se sent bien dans l’auto et personnellement, j’y suis bien plus à l’aise que dans la Lotus 3-11. Probablement est-ce une question d’habitude.

Au niveau des sensations, évidement elle pousse moins fort que la Lotus 3-11 et semble presque fade. L’ordre des essais la faisait de toute manière partir avec un handicap. Malgré tout, je l’apprécie vraiment : sans surprise, le châssis est excellent, l’auto efficace, on se surprend à regarder le compteur et à se dire qu’en effet elle est rapide. Elle distille cependant un peu moins de sensations que ma S2, sans doute à cause du bruit plus feutré et du confort supérieur. Le maniement de la boite est excellent, la différence avec ma PG1 est flagrante. Je n’ai pas rencontré de difficulté au passage 3-2 comme sur la Lotus 3-11.

Un très grand merci à Fabien pour le prêt de ces deux très belles autos !

2 commentaires sur “Essai Lotus 3-11 et Elise Cup 250

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