Chronométrage et télémétrie

A chacune de mes sorties sur circuit, j’essaye de partager avec vous le maximum de données statistiques. Pour cela, j’utilise une application spécifique sur smartphone, un récepteur GPS dédié et une caméra. Je me sers également occasionnellement d’un module OBD II. Jusqu’à présent, je n’associais pas ces différents outils et j’avais donc d’un côté la vidéo classique et de l’autre l’analyse des données issues du GPS. Au travers de cet article, je vais vous présenter ce qu’il est possible de faire, comment je vais mixer en partie ces données lors de mes prochaines sorties et quelles sont les évolutions matérielles à venir.

Application

Depuis quelques années, j’utilise l’excellent RaceChrono dans sa version gratuite. Il fait office à la fois de logger et d’analyseur de données. En enregistrant la trace du parcours fermé (circuit / boucle) ou ouvert (route) et en lui indiquant les points de départ/arrivée et les splits intermédiaires, RaceChrono sait déterminer les temps au tour et ceux de chaque secteur.

Un nombre important de circuits est déjà présent dans l’application (164 rien qu’en France actuellement) mais il est en plus possible de créer les siens. La visualisation des temps au tour se fait en live sur l’écran ci-dessous.

Une fois la session terminée, toutes les données enregistrées (vitesse, nombre de GPS fixés, fréquence d’actualisation, accélération latérale et longitudinale, etc…) sont visualisables sur un graphique dont l’axe des abscisses peut-être la distance ou le temps. Ci-dessous, l’exemple indique en bleu clair la vitesse et en vert clair l’altitude.

Il est facile de glisser sur ce graphique pour identifier sa vitesse à un endroit précis du circuit. C’est grâce à ces éléments que je peux vous indiquer mes vitesses moyennes, mini et maxi. L’objet de cet article n’étant pas de détailler l’utilisation de RaceChrono, j’en resterai là dans mes explications.

Je viens de passer à la version Pro, payante mais qui offre davantage de fonctionnalités et en particulier la synchronisation des vidéos (venant soit du téléphone soit d’une source externe comme une GoPro) avec les données provenant d’un récepteur GPS et éventuellement, d’un boitier de lecture OBD II. Accessoirement, elle gère le PIP (Picture In Picture – permet d’incruster une seconde vidéo dans la première, comme une vue arrière ou un gros plan sur le pédalier) et offre une fonction de prédiction du temps au tour à venir.

Smartphone

Utilisé en tant que simple logger de données, pas besoin d’un smartphone récent. J’utilisais jusqu’à présent mon ancien HTC Desire flashé avec une ROM Android 2.3.7 assez light. Elle est réactive et économe en batterie, d’autant plus qu’elle est paramétrée au plus efficace. Je pouvais ainsi tenir la journée sur circuit sans problème même en laissant l’écran allumé pour voir mes temps en live durant le roulage. Le problème, c’est que la version Pro n’est pas compatible avec Android 2 et que la version gratuite ne permet pas d’enregistrer plus de 5 minutes de données en provenance d’un module OBD II. Il faudrait que j’achète le pack « Devices », ce qui me pose un souci puisqu’il est compris dans la version Pro que j’ai déjà payée… Bref, j’ai contacté le développeur pour savoir si une solution existait mais malheureusement ce n’est pas le cas. Je dois soit flasher mon HTC Desire avec une ROM en version 4.1 ou supérieure, soit utiliser mon smartphone actuel, à savoir un Nexus 5 tournant sous Android 7.1.1.

Récepteur GPS

Tous nos smartphones en sont équipés mais, avec une fréquence de 1 Hz (1 actualisation par seconde), ils ne sont pas adaptés au chronométrage sur circuit. J’ai acheté fin 2012 un récepteur 10 Hz Qstarz BT-Q818 XT que je connecte en bluetooth à mon téléphone et qui offre un bien meilleur rafraîchissement. Ce type de boîtier est indispensable pour une utilisation qui requiert de la précision. Son autonomie est adaptée puisqu’il tient une journée sur circuit sans aucun problème.

Boitier OBD II

Je possède depuis fin 2010 un boitier OBD II d’entrée de gamme : l’ELM 327. Il se branche sur la prise diagnostic et, comme le récepteur GPS, se connecte par bluetooth au téléphone. Il m’a beaucoup rendu service lorsque j’ai rencontré mes problèmes de distribution et, en plus de permettre d’effacer les codes erreur du calculateur, il peut récupérer en live des données telles que le régime moteur, la position de l’accélérateur, le voltage du calculateur, la température d’eau et d’air (à l’admission), etc… Je ne me suis en revanche jamais servi de ce boitier sur piste.

Caméra

Rien d’extraordinaire à ce niveau, j’utilise une GoPro Hero2 qui a maintenant plus de 5 ans. Je n’enregistre jamais en 1080p car je juge cette définition inutile pour le moment. Je n’enregistre pas non plus à 60 images/seconde car je ne fais pas de ralenti. Le 720p à 30 i/s est bien suffisant et utilise à la fois moins de puissance (donc de batterie) et moins de capacité (donc des fichiers plus légers à manipuler ensuite lors du montage). Light is right ! Avec une carte SD de 32 Go, j’ai donc largement de quoi filmer ma journée.

Démonstration

Pour cette nouvelle saison, je souhaitais pouvoir réaliser des vidéos de meilleure qualité et plus complètes. J’ai donc cherché à incruster dans ces dernières des données issues de mes différents logs. J’ai mené un premier essai sur route ouverte. Rien de très compliqué, il suffit d’avoir associé les deux boîtiers GPS et OBD II au smartphone, d’avoir paramétré dans l’application les données à capturer et de lancer l’enregistrement sur la GoPro et dans l’application RaceChrono Pro. A la fin du parcours, on stoppe les enregistrements. Une fois à la maison, il faut copier le fichier vidéo de la GoPro sur le téléphone (filmer en 720p et avoir des fichiers légers trouve ici encore un intérêt). A partir de l’application, il suffit ensuite d’associer le fichier vidéo à la session enregistrée et de synchroniser au mieux les deux à l’aide d’un repère. L’opération s’avère dans les faits plus simple que ce que j’imaginais.

Il faut également choisir les éléments à incruster sur la vidéo. Cette opération et là aussi très simple, on ajoute une nouvelle jauge puis on lui indique la source (GPS par exemple) puis la donnée (vitesse). On choisit un affichage numérique ou analogique, une taille, une position et une transparence et le tour est joué.

Voilà le résultat de mon essai :

Ce passage n’a rien de croustillant mécaniquement parlant pour d’évidentes raisons…  Il permet néanmoins de se faire une bonne idée du résultat à venir sur piste. Je suis globalement satisfait à la fois par l’intérêt qu’apporte ces données et par le rendu esthétique. Néanmoins, deux points me posent souci :

  • Le nombre de GPS fixés n’est ni constant, ni suffisant. Le graphique à gauche ci-dessous montre que le nombre fluctue entre 6 et 8.

  • Je rencontre des périodes de freeze de la transmission provenant du lecteur OBD II. Elles durent environ 20 secondes et j’ai l’impression que RaceChrono interpole les données entre la dernière valeur reçue avant la coupure et la première à la reprise de la réception. La courbe présente alors un profil stable, à la hausse ou à la baisse mais dans tous les cas parfaitement droit (voir zones entourées sur le graphique ci-dessous à droite).

Pour solutionner le premier point, j’ai commandé un récepteur Vbox Sport. Il est cher mais c’est le top de ce qui se fait actuellement. Il offre une fréquence de 20 Hz, deux fois plus élevée que celle de mon Qstarz 818XT et peut être relié à une antenne externe. Jon, responsable d’affaires chez Racelogic, m’a conseillé de tester le boitier seul dans un premier temps puis, selon les résultats, d’acheter l’antenne externe que j’installerai sur un scotch en alu de limiter au maximum les perturbations du signal GPS.

Concernant le second point, je mets ces soucis sur le compte d’un boitier de mauvaise qualité. Il fonctionne bien en usage basique mais n’est pas dimensionné pour un partage continu des données pendant de longues périodes. Là aussi, j’ai décidé de remiser mon ELM327 et d’opter pour un produit plus haut de gamme : l’ODBLink LX.

Je vous partagerai mon avis sur ces deux boitiers après ma prochaine sortie piste, fin mars. En attendant, je vous laisse avec quelques photos prises lors de cet essai

8 commentaires sur “Chronométrage et télémétrie

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  1. Bonjour,
    Tu dois pouvoir indiquer le rapport de boite engagé en associant tours minute, vitesse et démultiplication, non?

    1. Bonjour Brieuc,
      Sur le papier, oui. Dans les faits, je ne crois pas que RaceChrono sache gérer cela. Il faudrait donc un second post traitement pour incruster cette info.

  2. Bonjour !
    Je souhaite enregistrer mon lecteur obd ELM327 sur l’application racechrono. Cependant, celle ci me demande un numéro de port ? De quelle manière avez vous procédé à ce stade de réglage ?
    Merci

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