Lotus Exposé

Production :
1 prototype en octobre 2001

Motorisation :
4 cylindres 1.8 Rover VHPD 192 chevaux

Particularités :
Retour en 2001. Robin Shute est alors âgé de 12 ans et étudie au Wymondham College, à 10 minutes d’Hethel. Inspiré par une voiture télécommandée au 1/10 (pour l’anecdote : une Elise GT1) dont la carrosserie était en polycarbonate formé sous vide, il va avoir l’idée d’appliquer ce principe à une vraie auto à l’échelle 1. Le hasard faisant bien les choses, son père Tony travaille justement chez Lotus en tant que project manager (il a d’ailleurs été l’un des artisans de l’Elise Sport 190) et l’idée va séduire la marque. Les avantages sont multiples : gain de poids, coût de production limité, meilleure résistance en cas de choc à faible allure, aspect recyclable… Quatre pièces seront formées pour habiller une 340R, mais pas n’importe laquelle : le premier prototype de la 340R, châssis 6001. Elle sera baptisée Exposé et permettra à Robin de remporter le second prix du concours Young Engineers for Britain dans la catégorie 11-14 ans.

Elle sera dans un premier temps exposée comme vitrine technologique du savoir-faire de Lotus dans le domaine du light… Avec un succès certain : 540 kg, soit la Lotus la plus légère qui soit sur base de châssis d’Elise. Le plus gros du gain (30 kg) vient du fait que la carrosserie de l’Exposé ne compte que 4 éléments (un masque avant, deux parties latérales et un capot moteur) fixés par des attaches rapides et que ces éléments sont en polycarbonate fin et léger au lieu des panneaux plus épais en fibre de verre. Les garde-boues ont été retirés, permettant de monter les jantes en 16 et 17 pouces de l’Exige S1.

Tony convaincra rapidement Lotus qu’il fallait que cette auto roule et il l’engagera en course de côte, discipline qui présente assez peu de contraintes réglementaires et qui sollicite les véhicules intensément mais durant peu de temps, par opposition à l’endurance. Il a ainsi été possible de monter des disques de frein MMC en aluminium (que l’on trouvait sur les premières Elise mais qui n’étaient pas recommandés pour un usage piste), de retirer le radiateur d’huile (optionnel sur les 340R RHD, de série sur les LHD), de monter un réservoir d’essence plus petit, d’enlever les phares ainsi qu’une bonne partie du faisceau, de monter un arceau pour une seule personne et un silencieux en titane réalisé par Blue Flame (différent de celui qui sera disponible sur la 340R « classique ») qui ne devait peser guère plus de 2 kg contre les 16 kg du silencieux d’origine et du catalyseur, de ne conserver qu’un seul siège en carbone (développé par Lotus et couvert de quelques mousses pour le confort) affichant 2 kg contre 2 fois 8,5 kg pour ceux de la 340R…

Après quelques saisons, Tony a racheté la voiture qui, depuis, lui appartient. En 2014, sur le forum LotusTalk, son fils Robin (qui se défend au volant puisqu’il a remporté Pikes Peak en 2019) racontait qu’il avait enfin réussi à convaincre son père de lui laisser conduire l’auto qu’il avait imaginée lorsqu’il était petit. Nous sommes en plein dans le rêve d’enfant !

L’Exposé a continué à évoluer jusqu’en 2014. En voyant les images ci-dessous, je constatais qu’elle avait des jantes d’Exige Cup 260 année 2010. Robin Shute me confirmera qu’il a conçu (en plus d’être pilote, il est aussi ingénieur) puis fait usiner de nouveaux adaptateurs pour pouvoir monter ces jantes qui ont un entraxe différent sur les moyeux d’origine. Il m’a également indiqué que les disques MMC étaient toujours montés. La dernière évolution a été l’installation des supports en carbone pour l’aileron et comme on fait les choses bien chez les Shute, ils ont été fabriqués directement par Caterham F1.

L’Exposé fait une courte apparition dans le documentaire « Best of British: Lotus » à 1h06 et 11 secondes : https://www.youtube.com/watch?v=hd6YM5oAasA&t=3971s

Un grand merci à Robin pour les trois images exclusives illustrant cet article et les dernières informations sur l’auto !

Source : WcreMembered, 340r.net, SandsMuseum